Recherche et création

La recherche en période de COVID

Nos ados ressentent de la détresse au soulagement pendant cette pause

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons les résultats des recherches de la professeure en psychoéducation Kristel Tardif-Grenier.

L’enquête menée par la professeure en psychoéducation de l’Université du Québec en Outaouais | Campus de Saint-Jérôme, Kristel Tardif-Grenier permet de constater, en collaboration avec ses collègues Isabelle Archambault et Véronique Dupéré de l’Université de Montréal, qu’en période de période de crise qui bouleverse la vie de tous, des adolescents vivent de la détresse et d’autres rapportent plutôt un certain soulagement.

Cette recherche a été menée à l’aide d’une méthodologie mixte. En effet, la professeure Tardif-Grenier et son équipe ont épluché les réponses fournies à un questionnaire et les témoignages écrits de 1 251 jeunes âgés de 12 à 17 ans, partout à travers le Québec entre le 8 et le 30 avril dernier. Selon leurs conclusions, environ 30 % d'entre eux vivent mal le confinement. Elle soutient que certains jeunes ont l'impression que l'avenir sera sombre, se sentent moins bons par rapport à d'autres groupes dans la société et ressentent un fort sentiment d’isolement.

Notons toutefois que les chercheurs ont aussi découvert qu'environ 30 % des jeunes aiment être confinés à la maison et affirment se sentir moins stressés et plus heureux qu'à l'habitude. Ils rapportent entre autres une diminution de la pression scolaire et une opportunité de rapprochement avec leurs parents.

En regard de ces résultats, il importe à très court terme d’envisager des solutions afin d’intervenir auprès des jeunes qui en ont le plus besoin pour prévenir ou ralentir l’augmentation des symptômes dépressifs. Parallèlement, une étude plus approfondie s’impose, tant pour mieux comprendre ce qui caractérise les jeunes qui se portent bien que pour identifier les facteurs contribuant à leur bien-être, afin de mieux soutenir et outiller tous les adolescents en contexte de confinement.

 

Revue de presse

Article Sélection du Reader’s Digest - mai

Article L’actualité le 26 mai

Article Le Soleil le 25 mai

Article La Presse le 22 mai

Article The Conversation le 22 mai 

Webinaire pour RRM le 21 mai 

Série d’entrevues radio le 13 mai :

Sur le vif à Radio-Canada Ottawa 
Pour faire un monde à Radio-Canada Regina 

Boulevard du Pacifique à Radio-Canada Vancouver 

La croisée à Radio Canada Alberta

Région zéro 8 à Radio-Canada Rouyn Noranda 

Au cœur du monde à Radio-Canada Matane   

Autres entrevues

Entrevue Radio-Canada téléjournal Ottawa Gatineau le 8 mai

Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais le 7 mai  

Article Radio-Canada le 7 mai

Article Journal Accès le 5 mai

 

 

Vieillir dans l’après-COVID : la professeure Pérodeau cite l’exemple du Danemark

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons la professeure Guilhème Pérodeau,  gérontologue et professeure honoraire au Département de psychoéduation et de psychologie, qui parle de la situation des aînés.

 

La pandémie de la COVID-19 a mis de l’avant comme jamais auparavant les conditions de vie des aînés au Québec et ailleurs au Canada.

Il a fallu l’arrivée d’un nouveau virus, silencieux et invisible à l’œil nu, pour que les projecteurs se braquent sur nos aînés, écrit la gérontologue et professeure honoraire à l’UQO, Guilhème Pérodeau, dans un récent texte d’analyse qu’elle a signé dans Le Devoir.

Dans ce texte intitulé Le Québec malade de ses aînés, publié le 20 avril dernier, la professeure Pérodeau souligne que la crise du coronavirus a démontré comment le financement des services aux personnes âgées n’a jamais été la priorité de nos gouvernements.

Guilhème Pérodeau, gérontologue et professeure honoraire au Département de psychoéducation et de psychologie


Pourtant, le vieillissement de la population est quelque chose que les démographes et les gérontologues soulignent depuis longtemps. De 19 % en 2018, les personnes âgées de 65 et plus passeront, selon les projections, à 25 % en 2030.

Cette pandémie, tout effroyable qu’elle soit, est l’occasion de se repositionner, tant dans nos vies personnelles peut-être quelquefois trop axées sur la consommation, que dans notre rapport à la Terre et à sa préservation, et dans la même foulée, pourquoi pas, de reconsidérer notre rapport aux personnes âgées. Plutôt que d’accepter l’âgisme et le sexisme ambiants, valorisons nos aînés.

Dans un deuxième texte publié le 21 mai dans Le Devoir (Vieillir dans l’après-COVID), Guilhème Pérodeau cite l’exemple du Danemark, où 96 % des aînés demeurent au sein de leur communauté. En 1987, le gouvernement danois a cessé d’investir dans des maisons de retraite pour subventionner massivement les services de maintien à domicile, qui sont gérés par les municipalités.

Au Danemark, les aînés font partie intégrante de leur communauté, souligne la professeure Pérodeau. Comment changer la donne au Québec? demande-t-elle. D’abord, cessons de ghettoïser systématiquement nos aînés dans de grands complexes, gérés à distance par une bureaucratie lourde et déconnectée de sa base.

Offrons un service de maintien à domicile accessible à tous, soutenu par une enveloppe budgétaire dédiée et protégée avec, à la clef, une intégration pleine et entière de nos aînés dans notre vie collective. Plutôt que de continuer à les marginaliser, interagissons avec nos sages, écoutons-les et, surtout, aimons-les.

La professeur Pérodeau était également en entrevue à l’émission Mario Langlois en direct, le 22 mai dernier, au 98,5 FM à Montréal, pour parler des aînés et de la pandémie.

 

Le Québec malade de ses aînés – 20 avril 2020 – Le Devoir

Vieillir dans l’après-COVID – 21 mai 2020 – Le Devoir

Entrevue Mario Langlois en direct – 22 mai 2020 – 98,5 FM

 

 

COVID-19 : Dave Blackburn s’intéresse aux militaires dépêchés dans les CHSLD

 

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le professeur Dave Blackburn, qui ira à la rencontre des militaires canadiens qui travaillent dans les CHSLD du Québec.

Ex-membre des Forces armées canadiennes et spécialiste de la santé mentale, le professeur Dave Blackburn, du Département de travail social, dressera un portrait d’une dizaine de militaires qui travaillent dans les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) du Québec pour combattre la pandémie de la COVID-19.

Écoutez l'entrevue de Dave Blackburn à l'émission Les matins d'ici du 1er juin 2020

Écoutez l'entrevue de Dave Blackburn à l'émission de Paul Arcand du 3 juin 2020

Au cours des prochaines semaines, le professeur Blackburn, en collaboration avec le site web d’actualités militaires 45eNord.ca, ira à la rencontre de militaires des Forces armées canadiennes (FAC) qui ont été dépêchés dans ces centres pour aînés.

Rappelons qu’au pire moment de la crise, plus tôt ce printemps, le gouvernement du Québec a réclamé l’aide des Forces armées. En date du 14 mai, environ 1400 membres des FAC étaient déployés dans 25 CHSLD au Québec

Le projet de Dave Blackburn a pour but de faire connaître les personnes derrière l’uniforme. La série s’intitule DÉMASQUER.

Le professeur Blackburn dirige également l ’Équipe de recherche et d'intervention en santé mentale des anciens combattants et leur famille (ÉRISM-AC/F).
 

Détails sur le site web 45enord.ca

 

 

COVID-19 : une société appelée à changer, selon Yao Assogba

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le sociologue et professeur émérite, Yao Assogba, qui parle de la pandémie et de son impact sur notre société.

 

Sociologue et professeur émérite à l’Université du Québec en Outaouais, Yao Assogba estime que la société sera transformée par la pandémie de la COVID-19.

Le professeur Assogba a dressé un portrait de la ‘société de demain’ lors d’une entrevue avec le Journal Le Nord de Saint-Jérôme. Le texte est publié en ligne le 19 mai 2020.

« Malgré nos sciences, malgré nos richesses, malgré la haute technologie, malgré les bombes atomiques et les fusées, un virus chambarde notre vie. Nous prenons conscience que nous sommes vulnérables et que nous ne pouvons pas totalement comprendre la nature », explique Yao Assogba.

Yao Assogba, professeur émérite et sociologue à l'UQO

Avec les Centres hospitaliers de soins de longues durées (CHSLD) qui ont été durement touchés par la COVID-19, notre rapport à la vieillesse est aussi appelé à changer, selon le sociologue. « Nous prenons conscience que dans nos sociétés, surtout occidentales, les personnes âgées n’ont pas leur place, et ce, jusque dans leur maladie », affirme-t-il.

Autre impact de la pandémie sur notre société : le coronavirus a mis en lumière, plus que jamais, notre dépendance aux autres pays. Il cite en exemple les précieux masques, en grande partie fabriqués en Chine. À l’avenir, les pays dépendront moins de l’extérieur, selon lui.

Lors de cette entrevue, Yao Assogba a également parlé du rapport à l’environnement qui est aussi appelé à changer. Malgré tous les impacts de cette pandémie, il demeure optimiste : « L’être humain est capable d’innover, de s’adapter et de créer de nouvelles transformations. Nous sommes capables de le faire ».

 

Lire l’article du Journal Le Nord du 19 mai 2020

Le professeur Assogba était également invité à l'émission Les malins du 16 mai 2020, sur les ondes de Radio-Canada Ottawa-Gatineau, où il a livré ses réflexions sur la société et la pandémie.

Réflexions de Yao Assogba à l'émission Les malins

 

 

 

Le professeur Anzueto signe un article sur l’importance de la coopération internationale dans La Presse +

 

Le professeur Anzueto signe un article sur l’importance de la coopération internationale dans La Presse +

Participant à l’initiative La relève du Québec pense l'après-COVID-19, le professeur Marc-André Anzueto, en développement international au Département des sciences sociales, signe un article intitulé « Croire malgré tout à la coopération internationale » dans l’édition du 13 mai 2020 de La Presse +.  L'article traite de la nécessité de repenser le triptyque santé-sécurité-prospérité dans l'ère post-COVID 19.

 

Vous y trouverez également dans l'édition du 4 mai 2020, 14 articles rédigés par   « la relève du Québec », en provenance des sciences naturelles, humaines et sociales. Découvrez le résumé du dossier du professeur Annzueto sur Le Canada et le Québec comme partenaires de la coopération internationale post-COVID-19.

 

 

Le ‘Zoom Fatigue’ et comment des personnes autistes peuvent mieux s’en tirer, selon la professeure Normand

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le travail de la professeure Claude Normand, du Département de psychoéducation et de psychologie.

En temps de pandémie de la COVID-19 et ses mesures de confinement, les réunions virtuelles sont devenues une réalité quasi-quotidienne pour bien des gens.

Télétravail oblige, c’est via Zoom, Skype, FaceTime ou autres plateformes numériques, que se déroulent nos réunions. Or, se pourrait-il que des gens souffrent aussi de ‘Zoom Fatigue’?  Dans un récent reportage, la revue National Geographic se penche sur ce sujet, un reportage pour lequel a été interviewée la professeure Claude L. Normand, du Département de psychoéducation et de psychologie.

Claude L. Normand, professeure au Département de psychoéducation et de psychologie


L’article intitulé Zoom fatigue’ is taxing the brain. Here's why that happens (traduction libre: La fatigue Zoom met le cerveau à rude épreuve. Voici pourquoi cela se produit) est publié sur le site web de National Geographic. Pour y avoir accès, il suffit de s’inscrire avec une adresse courriel.

 

Lire le reportage du National Geographic

 

L’article se penche sur le fait qu’avec le confinement, il y a présentement une véritable explosion de l’utilisation des rencontres virtuelles, que ce soit via Zoom, Skype, FaceTime ou autres logiciels. Ces interactions virtuelles peuvent être difficiles pour le cerveau, peut-on lire, de là l’expression en anglais Zoom Fatigue.

La professeure Claude Normand est parmi les chercheurs interrogés dans cet article. Spécialiste des troubles du spectre de l’autisme, elle étudie entre autres comment les personnes ayant une déficience intellectuelle ou développementale socialisent en ligne.

Les personnes avec autisme ont tendance à avoir du mal à comprendre quand c'est leur tour de parler dans des conversations en direct, note-t-elle dans l’article du National Geographic. C’est pourquoi le décalage fréquent entre les échanges, lors des appels vidéo, peut réellement aider certaines personnes autistes. « Lorsque vous effectuez un zoom en ligne, il est clair à qui revient de parler », explique Claude Normand.

Quant à un utilisateur qui ressentirait cette ‘fatigue du Zoom’, la professeure Normand recommande d’éteindre la caméra sur son appareil (ordinateur ou tablette). Ceci permet d’économiser ses énergies en n’ayant pas à percevoir les indices non verbaux lors de la rencontre virtuelle. Une réunion de travail peut également se faire au téléphone tout en marchand en même temps, suggère Cla

 

Éric Tchouaket étend son projet de prévention des infections au CHSLD

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le travail du professeur Éric Tchouaket.

Spécialiste de la prévention et du contrôle des infections, le professeur Éric Tchouaket s’intéresse aux centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), là où la pandémie de la COVID-19 a fait le plus de victimes au Québec.

Professeur-chercheur en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais | Campus de Saint-Jérôme, Éric Tchouaket a déjà effectué des recherches sur l’impact économique de la prévention et contrôle des infections (PCI) dans les centres hospitaliers. Il tourne maintenant son attention sur les CHLSD, où les nombreuses éclosions ont forcé les autorités de la santé à agir et à demander l’aide des Forces armées canadiennes.

« Nous sommes prêts à payer pour des soins curatifs, alors que nous devrions investir dans la prévention pour éviter la maladie. Selon la littérature, la prévention permet de sauver 1,6 million de dollars (en raison d’infections sauvées). Cette somme pourrait être réinvestie en sensibilisation et en achat de matériels et produits relatifs à la prévention », soutient Éric Tchouaket.

 

 

En collaboration avec « son œil de terrain » Sandra Boivin, infirmière en prévention et contrôle des infections, à la direction de la santé publique du Centre intégré de la santé et des services sociaux (CISSS) des Laurentides, et coordonnatrice à son projet de recherche, monsieur Tchouaket analyse différentes situations pour apporter des recommandations.

Avec une gestion centralisée du réseau de la santé, et surtout une vision axée sur les soins, on observe très peu d’habitudes en matière de prévention. Dans un centre hospitalier, selon le rapport Aucoin (2005), une infirmière spécialisée en PCI doit être disponible pour 133 lits de courte durée, et dans un CHSLD, une infirmière de PCI doit assurer le suivi pour 250 lits. On constate que plus il y a de patients à traiter, plus les mesures d’hygiène (lavage de main et pratiques de base) s’additionnent et moins le personnel a le temps de consacrer du temps à effectuer ces bonnes habitudes. C’est à ce moment que l’on veut démontrer les coûts de la prévention, et l’importance de cette dernière pour réduire le nombre d’éclosions d’infection, comme la COVID-19.
 

DES PRATIQUES DE BASE D’HYGIÈNE

« Il faut également renforcer les pratiques de base auprès des résidents, mais aussi auprès des visiteurs », explique le professeur Tchouaket. Ces mesures sont entre autres l’éternuement dans le pli du coude, le lavage de mains, l’importance d’avoir les propres produits de soins pour chaque patient, un environnement et des occupants propres ainsi que des tests de dépistage.

On devra apprendre à vivre avec les différentes infections et développer une culture préventive, selon lui. Après cette pandémie, l’équipe du professeur Tchouaket recueillera les données pour savoir si les intervenants de la santé et la population poursuivent leurs bonnes habitudes.

 

 

Les chercheuses et les chercheurs de l’UQO se penchent sur l’impact de la pandémie

En cette période de la COVID-19, plusieurs membres de la communauté de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont entamé des recherches sur la pandémie, son impact sur les gens et le mieux-être de la population.

Que ce soit les jeunes ou les familles, la période de confinement a bouleversé nos vies et les chercheuses et les chercheurs de l’UQO s’y intéressent.

 

QUELS SONT LES EFFETS DE CETTE PANDÉMIE
SUR LES JEUNES ET LEURS PARENTS ?

Une équipe de l’UQO s’intéresse notamment à l’expérience des jeunes Québécois de la pandémie de la COVID-19 et à ses effets sur eux-mêmes et leurs parents.

Réalisée par les professeures Christine Gervais, Isabel Côté, Vicky Lafantaisie et Francine de Montigny, l’étude Réactions (Récits d'Enfants et d'Adolescents sur la COVID-19) prévoit rencontrer une centaine d’enfants et d’adolescents, par visioconférence, afin de saisir les connaissances et la compréhension de ces jeunes. Un des objectifs est d’explorer les représentations des enfants et adolescents des conséquences positives et négatives des mesures de distanciation physique imposées pendant la crise et d’identifier les facteurs qui contribuent et nuisent à leur bien-être en contexte de pandémie.

Les jeunes seront invités à raconter leur expérience de la pandémie à trois reprises, soit d’ici le retour en classe, vers la fin du mois de juin et au mois de septembre. Ces rencontres, fort appréciées, visent également à leur permettre de prendre un recul face à la situation.

La professeure Gervais explique : « Dans mon entourage, je constate à quel point les mesures de confinement ont des effets variés sur les familles. Alors que pour certains le confinement représente une parenthèse appréciée marquée par de bons moments en famille, pour d’autres le confinement est marqué par le stress et les tensions familiales. En m’intéressant aux récits des jeunes sur cette période si particulière, j’espère mettre en lumière la richesse de ce qui peut être fait en famille pendant des situations de crise, et mieux comprendre le soutien dont auraient besoin les jeunes pour qui le confinement est vécu difficilement. »

Ces connaissances permettront de mieux soutenir les jeunes et leur famille lors d’une deuxième vague de la COVID-19 ou lors de situations de crise.

Pour participer, les jeunes doivent être âgés entre 7 et 17 ans et leur parent doit accepter de remplir un questionnaire sur sa santé et son fonctionnement.

Pour obtenir plus d'informationreactions@uqo.ca

 

 

REJOINDRE LES JEUNES ET DES PARENTS VULNÉRABLES VIA LA PHOTO

Un autre groupe de professeures, qui font partie du Laboratoire de recherche et d’actions pour les personnes ayant des problèmes de santé mentale et leurs proches (LaPProche), s’intéressent quant à elles aux jeunes de 16 à 25 ans et aux parents vulnérables dans le contexte de la pandémie. 

Les professeures Aude Villatte et Geneviève Piché, en collaboration avec la professeure Marie-Ève Clément et la professeure Marie-Hélène Gagné (de l’Université Laval), ont mis sur pied une recherche-action participative proposant à des jeunes (16-25 ans) et des parents vulnérables de prendre part à un projet Photovoice déployé via les réseaux sociaux. Photovoice est une stratégie qui utilise la photographie comme outil de changement social.

L’objectif de cette recherche est d’offrir l’opportunité à ces jeunes et ces parents de témoigner et de réfléchir en groupe aux défis qu’ils rencontrent dans le contexte de confinement (et éventuellement de déconfinement) et aux mesures de soutien dont ils aimeraient pouvoir bénéficier pour y faire face. Les chercheuses veulent aussi attirer l’attention des décideurs, des professionnels des domaines de la santé, des services sociaux et de l’éducation sur les réalités et besoins de ces jeunes et de ces parents. 

La collecte de données auprès des jeunes devrait débuter d’ici 2 semaines environ ; celle auprès des parents suivra. Le site web du projet de recherche est sur le point d’être mis en ligne.

Pour obtenir plus d'informations

 

MA VIE ET LA PANDÉMIE AU QUÉBEC

De leur côté, les professeures Annie Bérubé, Aude Villatte et Geneviève Piché, collaborent à une étude provinciale sur l’impact de la COVID-19 et les familles.

Intitulé Ma vie et la pandémie au Québec (MAVIPAN), le projet cherche à comprendre les conséquences de la pandémie de la COVID-19 sur les personnes, les familles et les communautés. Il vise aussi à suivre comment tous s’adaptent à la crise au fil de son évolution.

Les responsables cherchent des participantes et des participants qui témoigneront de leur vécu au cœur de la crise et après sa résolution en répondant périodiquement à un questionnaire en ligne. Ces connaissances pourront informer les décideurs afin de s’organiser en temps de crise et pour le futur.

 

 

Mieux soutenir les personnes itinérantes

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le travail du professeur et infirmier clinicien, Pierre Pariseau-Legault.

Pierre Pariseau-Legault, professeur en sciences infirmières à l’Université du Québec en Outaouais | Campus de Saint-Jérôme n’a pas hésité à lever la main lorsque le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) des Laurentides a demandé de l’aide au début de cette pandémie. Il vient d’être appelé pour accompagner les personnes itinérantes dans la région de Saint-Jérôme.

Son expertise en santé mentale et en intervention de proximité fait de lui un candidat idéal pour accompagner cette clientèle plus vulnérable, particulièrement en cette période. « Ces personnes se retrouvent avec moins de services, ils n’ont parfois plus d’endroits où se loger, plus d’accès aux services leur permettant de subvenir à leurs besoins et assurer leur sécurité. On parle d’extrême précarité », explique le professeur Pariseau-Legault. « C’est facile à dire, restez à la maison, mais cela implique qu’il faut en avoir une !  Voilà pourquoi, cette population a besoin d’un soutien adapté. »

 

 

RÉDUCTION DES MÉFAITS

Outre son implication au CISSS des Laurentides, Pierre Pariseau-Legault travaille en collaboration avec Lisandre Labrecque-Lebeau, également professeure associée à l’UQO au Département des sciences infirmières, sur un projet de recherche visant à réduire les méfaits,  plus particulièrement chez les personnes en situation d’itinérance. Par exemple, plutôt que de donner une contravention à une personne itinérante qui dérogerait aux consignes, on prône des mesures d’accompagnement et la réponse aux besoins immédiats.

Pour réduire les méfaits en temps de confinement, on souhaite notamment s’adapter aux besoins des personnes dont la situation est précaire, incluant les personnes en situation d’itinérance. L’approche proposée repose sur les principes suivants : déstigmatiser les comportements dits problématiques, reconnaître les personnes et leurs conditions de vie et convenir avec les personnes d’objectifs concrets et réalisables à court terme. Enfin, la réduction à zéro des méfaits, en temps de crise, est difficile. L’important est d’adapter les consignes sanitaires aux réalités des personnes évoluant dans des conditions de vie difficiles.

 

Contrôles routiers: dernière étape du déconfinement, selon le professeur Sia

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons Drissa Sia, professeur au Département des sciences infirmières au campus de Saint-Jérôme.

Un déconfinement trop rapide pourrait nuire aux régions du Québec qui sont moins touchées par la pandémie de la COVID-19, affirme le professeur Drissa Sia, du Département des sciences infirmières de l’UQO au campus de Saint-Jérôme.

Spécialiste dans l’organisation des soins en matière de santé publique, le professeur Sia a été interviewé par plusieurs médias ces jours-ci, et les conclusions de ses recherches ont attiré l’attention en cette période de pandémie et de confinement.

Selon Drissa Sia, il serait préférable de maintenir les contrôles routiers entre certaines régions qui ont beaucoup de cas de coronavirus, comme l’épicentre Montréal, et d’autres qui en ont moins. La Côte-Nord et le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, par exemple, ont recensé beaucoup moins de cas de la maladie.

Un déconfinement trop rapide pourrait nuire à ces régions moins touchées et forcer les autorités à réinstaurer un confinement s’il y a une nouvelle flambée de la COVID-19.

 

Le professeur Drissa Sia, du Département des sciences infirmières au campus de Saint-Jérôme

 

Rappelons que depuis la fin mars, plusieurs corps policiers, sous recommandation des autorités de la santé publique, ont érigé des barrages entre plusieurs régions du Québec. L’objectif est d’empêcher les déplacements non-essentiels et de limiter la propagation de la COVID-19 d’une région à une autre.

Selon le professeur Sia, Québec doit y aller progressivement, par région. Il faut commencer par les régions les moins touchées et continuer tranquillement afin de s’assurer que des personnes d’ailleurs ne puissent y entrer.

Le professeur Sia a cité cinq grands critères qui doivent être en place avant la réouverture des régions :

  • Réorganisation des espaces et des horaires de travail
  • L’organisation du transport en commun
  • Le port de masque obligatoire
  • Les services essentiels qui sont demeurés ouverts gardent les mesures préventives en place
  • Garder les autres mesures en place : interdiction de regroupements (famille, lieux de culte)

En plus d’être cité dans le Journal de Québec et par TVA Nouvelles, Drissa Sia et été interviewé par TVA Gatineau-Ottawa et le quotidien Le Droit. Il était également en entrevue à l’émission Les Matins d’ici, à la radio d’ICI Ottawa-Gatineau.

 

Article, Journal de QuébecReportage TVA Gatineau-OttawaArticle, Le DroitEntrevue à l’émission Les Matins d’iciReportage web Radio-Canada

 

 

L’après-COVID-19 : l’immense défi de remettre l’économie en marche

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons David Tessier, économiste et professeur au Département des sciences administratives, qui parle de l'économie et l'après-COVID.  

Maintenant que les scénarios de déconfinement se précisent, l’un des grands défis sera de remettre l’économie sur les rails, une économie durement ébranlée par cette pandémie de la COVID-19.

Les principaux indicateurs de la santé financière du pays étaient très bons avant la crise, explique David Tessier, économiste et professeur au Département des sciences administratives. Par exemple, la dette et le déficit du gouvernement fédéral étaient sous contrôle. Le Québec faisait des surplus et le taux de chômage était bas. « Tous ces indicateurs fondamentaux vont tomber à l’eau, mais c’est sûr que ce sera moins pire que si nous étions mal partis avant la crise. »  

Que ce soit le fédéral ou les provinces, les gouvernements n’avaient d’autre choix que de délier les cordons de la bourse et annoncer diverses mesures d’aide, que ce soit pour les entreprises ou les personnes sans emploi. « Sans cette aide, il y aurait eu davantage de drames humains », explique le professeur Tessier, qui présente une chronique économique hebdomadaire à l’émission Sur le vif, à la radio de Radio-Canada Ottawa-Gatineau.

Chronique de David Tessier, Sur le vif du 22 avril 2020

 

 

L’après-pandémie sera donc le défi des finances publiques. À ce sujet, David Tessier précise qu’en ce moment, les plus grosses dépenses sont celles du gouvernement fédéral. « Ça va coûter cher au Québec oui, mais pas autant qu’au fédéral. »

Le professeur Tessier évoque plusieurs scénarios à plus long terme. Il faudra penser à des hausses de taxes et d’impôt, combinées à une diminution des dépenses. Aller à l’essentiel et remettre à plus tard plusieurs projets. « Ce ne sera pas la catastrophe, mais beaucoup de choses vont changer. »

Avec cette pandémie, les préoccupations de plusieurs personnes vont changer, que ce soit trouver un autre emploi ou sauver son entreprise. Ainsi, plusieurs projets de société, comme la transition écologique, ne seront pas perçus comme prioritaires.

« Je ne dis pas que la priorité pour l’environnement n’est plus là. Je dis seulement que l’État n’aura plus les moyens de se lancer dans de grands projets. »

David Tessier estime toutefois que le gouvernement doit continuer de s’occuper de l’environnement, malgré la conjoncture économique. « La meilleure façon de favoriser la transition écologique demeure une hausse significative de la taxe carbone. »

 

 

 

COVID-19 : des recherches sur les impacts humains de cette pandémie

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons le travail des professeures Kristel Tardif -Grenier et Josée Grenier.

Cette situation hors du commun incite les professeurs de l’Université du Québec en Outaouais à mener des recherches spécifiques sur les divers impacts humains. Kristel Tardif-Grenier mène une enquête sur la santé psychologique des adolescents. Pour sa part, Josée Grenier se penche sur les conséquences de la COVID-19 pour les communautés universitaires.

 

 

Josée Grenier et Kristel Tardif-Grenier

 

COMMENT VONT NOS ADOS PENDANT CE TEMPS DE CONFINEMENT ?

La santé psychologique des adolescents en période de confinement est au centre de la recherche de la professeure en psychoéducation de l’UQO | Campus de Saint-Jérôme, Kristel Tardif-Grenier. Elle dirige ce projet avec la collaboration de Véronique Dupéré et Isabelle Archambault de l’Université de Montréal. Les événements que nous vivons sont inédits et il faut absolument développer des connaissances spécifiques à ce contexte. Nous n’avons encore aucune idée des impacts d’un changement aussi drastique des conditions de vie sur le bien-être psychologique des jeunes. Cette pandémie survient alors que des statistiques font état de la détresse psychologique inquiétante chez les élèves du secondaire. Avant la crise, un adolescent sur trois présentait déjà un niveau de détresse inquiétant. La professeure Tardif-Grenier et son équipe s’intéressent particulièrement à cette clientèle et souhaite fournir aux intervenants scolaires une description de ce que vivent les jeunes, âgés entre 12 et 17 ans, en période de confinement pour favoriser un meilleur accompagnement de ces derniers, dès la reprise scolaire.

Pour en savoir plus ou participer à cette étude

 

QUELLES SONT LES CONSÉQUENCES DE LA PANDÉMIE SUR LES COMMUNAUTÉS UNIVERSITAIRES ?

C’est dans le contexte exceptionnel de la pandémie que la professeure en travail social à l’UQO | Campus de Saint-Jérôme, Josée Grenier, travaille à la réalisation du portrait de l’état de la santé globale de l’ensemble du personnel et des étudiants.  Cette étude est initiée par des chercheurs de l’UQAC, à laquelle la professeure Grenier collabore en tant que co-chercheure. D’une durée de trois ans, l’étude aura pour objectif de dresser une vue d’ensemble sur la santé bio-psycho-socio-spirituelle à court, moyen et long terme de la communauté universitaire. Ce portrait permettra notamment de déterminer les conséquences de la crise de la COVID-19 sur la vie personnelle, conjugale, sociale et professionnelle ainsi qu’analyser les caractéristiques des personnes qui se sont retrouvées en situation de vulnérabilité lors de la crise. La phase 1 de la collecte de données vient d’être lancée et un questionnaire en ligne qui prend environ 5 minutes à remplir, comprend majoritairement des questions à choix de réponse. Tout au long de cette étude, la participation sera toujours volontaire et les données recueillies demeureront strictement confidentielles. À terme l’équipe de la professeure Grenier souhaite que cette étude puisse aider à mettre des moyens en place pour mieux supporter les étudiants et les employés des Universités du Québec en contexte de pandémie.

Formulaire d’information et tous les détails de l’étude             

 

La COVID-19 met en lumière la situation critique dans les CHSLD

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons la professeure Louise Boivin, du Département de relations industrielles.

La pandémie de la COVID-19 a mis en lumière la dimension structurelle de la pénurie de main-d’œuvre dans les centres publics et privés d’hébergement pour personnes aînées ou en situation de handicap du Québec, selon Louise Boivin, professeure au Département de relations industrielles, qui mène des recherches sur le travail de soin dans ce secteur.

Selon elle, cette pénurie s’explique largement par le sous-financement des services publics d’hébergement et de soutien à domicile ainsi que la logique marchande préconisée par les gouvernements successifs.

La professeure Louise Boivin, du Département de relations industrielles


Elle souligne qu’il y a présentement 300 centres d’hébergement et de soins de longue durée (HSLD) publics au Québec, contre environ 3000 centres privés. De façon générale, dans ces centres privés, la rentabilité repose sur le recours au travail précaire et non syndiqué réalisé en majeure partie par des membres de groupes socialement discriminés, soit des femmes et des personnes immigrantes.

Les problèmes doivent être abordés de façon globale, selon la professeure Boivin, par une rupture avec la logique de marchandisation des services d’hébergement et d’aide à domicile, l’instauration d’un régime sectoriel de négociation collective dans ces services et la démocratisation de leur gestion grâce à l’implication de représentants des usagers et du personnel.

La professeure Boivin a signé un texte d’opinion publié dans Le Devoir du 15 avril 2020. Elle était également en entrevue à l'émission de Benoit Dutrizac à Qub Radio et citée dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec.

 

Texte du Devoir du 15 avril 2020Entrevue à l'émission Dutrizac, le 17 avril 2020Article Journal de Québec du 17 avril 2020

 

 

 

COVID-19 : une récession inévitable, explique David Tessier

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons David Tessier, économiste et professeur au Département des sciences administratives, qui parle de l'impact de la pandémie sur l'économie. 

Alors que le combat contre la COVID-19 se poursuit, les autorités évoquent tranquillement le scénario du déconfinement. Après la santé des personnes, l’inquiétude pour bien des gens sera la santé de l’économie : les emplois, les entreprises, le gagne-pain de toutes et tous.

Économiste au Département des sciences administratives, le professeur David Tessier, estime qu’il faudra y aller graduellement : faire des choix et mettre dans la balance l’économie et la santé de la population.

 « Si on ne le fait pas graduellement, la crise sanitaire pourrait revenir et nous pourrions être reconfinés. On ne veut pas ça. En même temps, le déconfinement progressif fait en sorte que l’immunité se fait tranquillement au sein de la population, faute de vaccin », explique le professeur Tessier, qui présente une chronique économique hebdomadaire à l’émission Sur le vif, à la radio de Radio-Canada Ottawa-Gatineau.
 

Écoutez la chronique de David Tessier à l’émission Sur le vif

Chronique du 22 avril 2020

 

Le professeur David Tessier, du Département des sciences administratives, présente une chronique économique hebdomadaire à l'émission de radio Sur le vif, sur les ondes d'ICI Ottawa-Gatineau (Photo: ICI Ottawa-Gatineau)

 

Plus la crise va durer, plus le retour sera difficile, dit-il. Certaines entreprises n’auront pas les reins assez solides pour passer à travers cette période difficile.

Or, une certitude selon lui : il sera difficile d’éviter une récession. « C’est sûr que nous allons nous relever, mais il y aura des conséquences. Ce ne sera plus comme avant sur certains aspects, dit-il. Une récession est inévitable. »

Une récession survient lorsqu’il y a baisse du Produit intérieur brut (PIB) réel pendant deux trimestres consécutifs. Le PIB a chuté d’environ 9 % en mars. Mais l’impact économique de la pandémie se précisera lorsque les chiffres du PIB pour le trimestre d’avril, mai et juin seront connus.

« C’est sûr que c’est inquiétant, car ce n’est pas dit que tous ces gens qui ont perdu leur emploi temporairement vont le retrouver après. Le plan d’aide fédérale ne sera pas là pendant un an, sinon nous allons tomber dans une crise de finances publiques, explique le professeur Tessier. C’est certain qu’on n’est pas sorti de l’auberge. »  

Hormis la Grande Dépression des années 1930, qui est lointaine, de récentes récessions ont frappé l’économie canadienne sont celles de 1981-82 et celle de 1991.

« Je ne dis pas que nous allons tomber en dépression comme dans les années 30. La grosse différence avec les années 30, c’est que maintenant, l’État intervient. Dans les années 30, l’État a fait l’inverse, c’est-à-dire qu’elle s’est retirée davantage. Ç’a exacerbé la crise. »

À plus long terme, l’après-pandémie voudra dire; payer la note. Tout n’est pas si sombre, toutefois. Si l’on se compare à bien d’autres pays, le Canada est en meilleure posture au niveau de ses finances publiques.

Face à la pandémie, le Canada dépense plus que les autres pays, toutes proportions gardées.  Or, pour avoir un portrait plus précis des finances publiques de l’après-COVID, il faudra attendre encore un peu, ajoute David Tessier.

 

 

Situation dans les CHSLD : des problèmes qui étaient prévisibles

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à la lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons les recherches des professeures en travail social Mélanie Bourque et Josée Grenier.

Les professeures en travail social de l’Université du Québec en Outaouais | Campus de Saint-Jérôme Mélanie Bourque et Josée Grenier ont réalisé avec d’autres chercheurs, une étude qui a fait ressortir les lacunes dans l’offre de service aux personnes âgées du Centre de santé et des services sociaux (CSSS) Lucille-Teasdale et du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de l’est-de-l’Île-de-Montréal (CIUSSS) à la suite d’une réforme majeure en 2015. Publiés à l’automne 2019, plusieurs résultats de ce travail annonçaient malheureusement les problèmes actuels.

À la demande du comité des usages du CSSS Lucille-Teasdale, l’équipe de professeures a effectué ses travaux de recherches en ayant pour objectif ; l’amélioration de la qualité des soins et des services offerts dans le réseau. « Ce comité voulait s’appuyer sur des données scientifiques pour dresser le portrait de la situation afin de mieux influencer les prises de décision », explique Mélanie Bourque.

Les entrevues, les groupes de discussion, le portrait statistique et les analyses ont notamment permis de mesurer les effets provoqués par la fusion des établissements. Par exemple, sur le plan de la communication et des demandes de matériel ou de transport. « La centralisation a trop souvent entraîné une lenteur dans les processus de prise de décision ce qui a eu des effets importants dans plusieurs cas ». Certaines requêtes des personnes usagères sont carrément tombées dans le vide, comme celle d’une personne âgée qui a fait une demande pour faciliter son alimentation et qui n’a toujours pas été faite même après plusieurs mois, ou celle d’une intervenante qui n’a pas reçu l’équipement médical nécessaire pour un patient. En fait, l’équipement est arrivé des mois plus tard alors que la personne était décédée.

L’étude révélait également de nombreux problèmes concernant les conditions de travail se traduisant par un grand roulement et un surmenage du personnel provoqués, entre autres, par la pénurie de main-d’œuvre ainsi que par l’ajout de cas de plus en plus lourds.

Les professeures Bourque et Grenier expliquent cette situation par la volonté gouvernementale qui perdure depuis les années 1990 et qui consiste à gérer le système de la santé et des services sociaux à moindre coût, sous le modèle de la nouvelle gestion publique dont les limites semblent exacerbées en temps de crise.

La professeure Bourque ajoute : « Prenons le problème actuel de l’inventaire du matériel de protection pour le personnel soignant. En tentant de réduire les coûts, on limite le plus possible les stocks et les possibilités de commander auprès de fournisseurs privés. Si cette méthode peut avoir des vertus pour les centres opérés par le privé, on peut se questionner pour sa transposition dans le secteur public. Espérons au moins que cette pandémie aura pour effet de mettre en lumière auprès de la population les lacunes de notre système de santé et de services sociaux ».

 

 

La professeure Mélanie Bourque.

 

LES PISTES D’ACTION PROPOSÉES

Effectuée sur une période d’une année, l’étude des professeures Bourque et Grenier a permis de proposer au CSSS Lucille-Teasdale et au CIUSSS de l’est-de-l’Île de Montréal, comprenant les CHSLD Rosemont, Hochelaga-Maisonneuve et Olivier-Guimond, une série de solutions à mettre de l’avant dont :

  • Réduire le recours aux agences privées et revoir les ententes pour que les conditions d’exécution permettent d’assurer la qualité des soins ;
  • Miser sur la prévention des soins avant de tomber en situation d’urgence ;
  • Reconnaître la complémentarité des services offerts par les organismes de la communauté ;
  • Accompagner les familles avec des moyens adéquats et suffisants (répit, heures de service, etc.) ;
  • Reconnaître et soutenir le rôle des proches aidants ;
  • Développer la qualité des services pour que ce soit une responsabilité collective et que ce ne soit pas exclusivement sur le personnel soignant ;
  • Consacrer le temps pour créer des liens de confiance entre le personnel soignant et l’aîné ;
  • Reconnaître la nécessité du travail en interdisciplinarité ;
  • Offrir plus d’autonomie à l’ensemble des professionnels (favorisant l’efficacité, la fidélisation et l’engagement) ;
  • Reconnaître les particularités des quartiers et des établissements

Cette étude a été bien reçue, mais les changements n’ont pas encore été adoptés dans les milieux. C’est le moment de ressortir ces pistes d’action qui peuvent être utiles pour l’ensemble du Québec, estiment les professeures Bourque et Grenier.

 

Le confinement et les enfants aux besoins particuliers : des conseils de la professeure Jacques

En cette période de pandémie, des membres de la communauté de l’UQO contribuent à cette lutte contre la COVID-19 sous tous ses aspects. Aujourd’hui, nous vous présentons la professeure Claudine Jacques, du Département de psychoéducation et de psychologie.

La période de confinement qui en est maintenant à sa cinquième semaine représente un défi pour toutes et tous, dont tous les parents, notamment ceux qui ont des enfants aux besoins particuliers.

Les parents à travers le pays doivent composer avec la fermeture des écoles. La routine des enfants est chambardée et la famille est confinée à la maison.

La professeure Claudine Jacques, spécialiste en autisme au Département de psychoéducation et de psychologie, explique que cette période de confinement peut être difficile pour tous les enfants, mais peut représenter un défi supplémentaire pour les enfants autistes.

La professeure Jacques, qui a travaillé près de 15 ans en intervention et en évaluation dans des cliniques s’adressant à une clientèle autiste, était l’invitée du téléjournal de Radio-Canada Manitoba, le 9 avril 2020.

La professeure Claudine Jacques, du Département de psychoéducation et de psychologie, spécialiste de l'autisme.


« Pour les enfants autistes, ce qu’il y a de particulier, c’est que, tout d’un coup, on enlève plusieurs facteurs de protection. Il y a beaucoup d’imprévus. On parle d’enfants qui ne vont plus à l’école, qui ne vont plus à la garderie et qui perdent certains services spécialisés. Il y a d’autant plus d’impact sur les enfants autistes », explique Claudine Jacques.

Non seulement ces enfants perdent-ils leur routine et leurs repères, certains parents, eux, perdent l’accès à du répit ou du soutien de spécialistes, souligne la professeure.

Claudine Jacques souligne l’importance, avant tout, du bien-être des enfants et des parents. Le mot clé, c’est de créer une nouvelle routine, d’avoir des activités structurées. « Peut-être aussi privilégier les intérêts de l’enfant. On peut mettre ces intérêts de l’avant pour assurer le bien-être de l’enfant. »

La professeure Jacques estime que les services aux enfants autistes sont des services essentiels. Ils peuvent prendre la forme de services à distance en ce temps de pandémie.

 

Entrevue de Claudine Jacques au Téléjournal Manitoba