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La Semaine verte : les professeurs Messier et Delagrange parlent eau d’érable

 

L’expertise des professeurs Christian Messier et Sylvain Delagrange de l’Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) à l’UQO est en vedette dans le cadre d’un reportage sur l’eau d’érable diffusé à l’émission La Semaine verte du 5 mars 2022

 

Intitulé Histoires de sève, le reportage se penche sur cette eau qui représente notre patrimoine culturel et agricole. Ce trésor liquide, nous le récoltons depuis des siècles et pourtant nous connaissons encore mal la dynamique de la coulée. L’érable est loin d’avoir livré tous ses secrets! Incursion dans l’histoire méconnue de la sève et du monde intérieur de l'arbre.

Le professeur Messier, directeur scientifique de l’ISFORT, souligne que le Québec a beau être le plus grand producteur de sirop d’érable au monde, le mécanisme derrière la coulée de l’eau d’érable demeure encore, à bien des égards, un mystère scientifique. De là, l’importance des recherches qui se poursuivent : pourquoi certains arbres donnent plus de sucre que d’autres?

 

Christian Messier, professeur et directeur scientifique de l'Institut des sciences de la forêt tempérée (ISFORT) à l'UQO. (Capture d'écran: La Semaine verte)


« C’est sûr qui si on comprend mieux comment se fait ce mouvement d’eau, on pourra éventuellement peut-être guider, au niveau de la récolte, des pratiques qui vont être durables, qui n’auront pas d’effet sur l’érable ou sur l’écosystème, explique Christian Messier. Là, actuellement, on récolte de l’eau, mais on n’a pas vraiment de bonnes données pour savoir est-ce qu’on en récolte trop, ou est-ce qu’on en récolte pas assez? Est-ce qu’on pourrait entailler différemment ? »

Sylvain Delagrange, de son côté, travaille sur le volet changement climatique et l’impact sur les coulées. Il souligne l’importance d’avoir une diversité d’arbres dans une érablière. « Aujourd’hui, on sait qu’il faut laisser cette biodiversité, on sait qu’il faut avoir d’autres espèces pour la qualité des sols, la diversité faunique. »

Les recherches menées à l’ISFORT par les professeurs Messier et Delagrange, en collaboration avec des chercheurs allemands, ont également permis de dater les sucres qui se trouvent dans l’eau d’érable. Apparemment, le sirop que nous produisons chaque année se compose de sucres ayant été produits en moyenne 3 ans auparavant.

Les recherches du professeur Delagrange ont également permis de dater l’eau d’érable qui coule.

 

Pour voir le reportage à La Semaine verte

 

Reportage à Mordu.ca sur les recherches de Sylvain Delagrange

En plus du reportage à La Semaine verte, Radio-Canada s’est également intéressé à un autre projet de recherche, cette fois-ci une étude de Sylvain Delagrange, qui fait partie d’une équipe de chercheurs qui s’intéressent au futur de l’érable à sucre. Ce projet unique se déroule en Outaouais et au Saguenay.

Il s’agit d’une équipe conjointe formée de personnes de l’UQO et de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). L’objectif des recherches est de mesurer et documenter le comportement de l’érable à sucre face au réchauffement grandissant de la planète.

 

Voir le reportage sur le site web Mordu

 

Les chercheurs ont travaillé sur deux plantations d’érables, une à Chicoutimi, au Saguenay, et l’autre, à 400 kilomètres plus au sud, à Saint-André-Avellin, en Outaouais. C’est là, non loin de l’ISFORT à Ripon, que Sylvain Delagrange et des collègues scientifiques de l’UQO ont planté des érables à sucre de mêmes provenances que ceux plantés sur la ferme d’Yvon Gobeil, un homme propriétaire d’une boisée au Saguenay qui participe au projet.

Les équipes de l’UQO et de l’UQAC vont ensuite observer, en parallèle, la phénologie et la croissance des érables au Saguenay et en Outaouais.

« On sent qu’il y a une grosse pression sur la forêt en ce moment. On voit que ces bouleversements sont forts, rapides, diversifiés et cumulatifs », affirme à Radio-Canada Sylvain Delagrange.

Les scientifiques ont pu déjà observer de grosses différences. Par exemple, en mars 2021, des températures très chaudes ont été enregistrées provoquant un débourrement hâtif des semis. À Saint-André-Avellin, des températures froides sont revenues au mois de mai et ont provoqué un fort gel tardif, ce qui a eu pour effet de complètement annuler la croissance printanière.

 

(Image principale: Captures d'écran La Semaine verte)

 

Le 8 mars 2022