Deux professeurs de l'UQO dirigent un projet sur la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso
Les professeurs du Département de sciences infirmières de l’UQO | campus de Saint-Jérôme, Éric Tchouaket et Drissa Sia, sont co-chercheurs principaux dans un projet qui vise à renforcer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive des populations déplacées internes au Burkina Faso, en Afrique de l’Ouest.
Financée par le Centre de recherche pour le développement international (CRDI), cette étude réalisée sur le terrain permettra d’abord d’identifier les besoins des femmes, des adolescentes et des enfants vivant dans des camps de déplacés internes en raison de crises attribuables essentiellement aux attaques terroristes.
Vers une intervention pour répondre aux besoins criants
Le projet piloté par les deux professeurs du Département des sciences infirmières a pour objectif de développer une sensibilisation et une intervention en cette période de pandémie. « Nous évaluerons ensuite la situation pour en tirer des leçons et ainsi obtenir un portrait sur les façons d’agir », explique avec grand intérêt Drissa Sia, spécialiste dans l’organisation des soins en matière de santé publique.
Son collègue Éric Tchouaket, qui se spécialise dans l’analyse économique de la prévention et du contrôle des infections auprès des populations vulnérables, souligne l’état de vulnérabilité pour cette population. « Les femmes et les adolescentes vivent dans des camps de déplacés internes où la contraception, les suivis prénataux et les soins pour les nouveau-nés ne sont pas toujours au rendez-vous. On veut éviter les complications et offrir les meilleures conditions possibles surtout dans le contexte de la pandémie de COVID-19.»
Pour y arriver, les deux chercheurs en collaboration avec des chercheurs de l’Institut supérieur des sciences de la population (ISSP) de l’Université Joseph Ki Zerbo du Burkina Faso, sont accompagnés d’une équipe de terrain et de solides partenariats avec des organisations non gouvernementales (ONG). En raison de la pandémie, les professeurs Tchouaket et Sia ne peuvent se rendre au Burkina Fasso, mais dès que les déplacements internationaux seront possibles, ils ont l’intention de se rendre sur place pour épauler l’équipe de chercheurs Burkinabés qui travaillent avec eux.
Le projet comprend trois grands objectifs : identifier les besoins ; développer des interventions et assurer le suivi ; et évaluer ces interventions.

Les professeurs Drissa Sia, à gauche, et Éric Tchouaket, du Département des sciences infirmières au campus de Saint-Jérôme,
Retombées d'une collaboration amorcée dans le cadre du programme de la Bourse Reine Élizabeth II (BRE)
Éric Tchouaket et Drissa Sia soulignent par ailleurs que le projet de recherche au Burkina Faso est une retombée directe d’une visite d’une délégation de chercheurs Burkinabés à l’UQO. En 2019-2020, le campus de Saint-Jérôme a en effet accueilli cinq chercheurs au doctorat et deux jeunes chercheurs originaires de ce pays dans le cadre du programme de financement de la Bourse Reine Élizabeth II (BRE). Ces chercheurs sont venus au Québec pour poursuivre leur projet d’étude, sous la supervision des deux professeurs de l’UQO, sur la problématique de l’amélioration de la santé maternelle et infantile en Afrique de l’Ouest à l’aide de la santé numérique.
Cette visite, qui a permis de renfoncer les liens, a mené au projet qui vient de recevoir la subvention du CRDI.
Le projet de recherche sur la santé sexuelle et reproductive au Burkina Faso est financé à la hauteur de 582 000 $ sur 36 mois par le CRDI. La subvention a été octroyée dans le cadre du concours de financement rapide en lien avec la COVID-19 organisé par le CRDI au printemps 2020, souligne Eric Tchouaket. Les chercheurs de l’UQO ont également obtenu l’appui du Ministère de la santé, et du Ministère de la femme, de la solidarité nationale et la famille du Burkina Faso pour cette recherche.
L’Université du Québec en Outaouais est fière de compter parmi ses professeurs, des chercheurs audacieux et soucieux d’améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables dans le monde.
Le 3 décembre 2020



