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Un professeur de l’UQO discute à RDI Économie de la viabilité des Licornes

 

Spécialiste en Gestion des technologies d’affaire (GTA), le professeur Stéphane Gagnon, du Département des sciences administratives, était invité sur le plateau de l’émission RDI Économie, le vendredi 4 octobre 2019.

 

Dans un entretien avec l’animateur Gérald Fillion, le professeur Gagnon a discuté de la viabilité des Licornes, définie comme « une entreprise [ privée, ou qui dans certains cas ] vient d’entrer en bourse souvent, qui est évaluée à plus de 1 milliard $US, et opèrent selon un modèle d’affaire novateur dans leur segment, principalement basé sur des technologies de pointes » [ précisions apportées par le professeur après l’entrevue ]. On compte parmi celles-ci des compagnies comme Airbnb, Epic Games, et WeWork (officiellement rebaptisée The We Company), et jusqu’à récemment les concurrentes Lyft et Uber, entre autres entreprises ayant fait l’objet d’une offre publique d’achat (OPA).

Le débat sur leur viabilité s’est intensifié depuis la mi-août après la soumission par WeWork du formulaire S-1 pour annoncer son OPA. En plus d’une évaluation largement contestée de 47 milliards $US revue à la baisse de plus de moitié, l’entreprise a perdu la confiance des investisseurs potentiels en révélant une perte de plus de 900 millions $US dans les 6 premiers mois de 2019, et une exposition au risque trop élevé vu les baux à long terme des 46 millions de pieds carrés qu’elle sous-loue selon des termes flexibles mais à forte marge de profit. Dans les 2 dernières semaines, le conseil d’administration a fait halte à son OPA, ayant aussi obtenu la démission de son controversé président-cofondateur, qui aurait selon des articles révélateurs contracté un prêt personnel de 500 millions $US à même les fonds de WeWork.

 

L'animateur Gérald Fillion interroge le professeur Stéphane Gagnon, du Département des sciences administratives, lors de l'émission RDI Économie du vendredi 4 octobre 2019 (Capture d'écran RDI Économie)


Dans les premières minutes de l’entretien, le professeur Gagnon souligne que « malgré les investissements que WeWork a fait, entre autres dans les technologies de domotique …, aussi pour la gestion de toutes les opérations de support aux entreprises [ clientes ] …, l’entreprise a tenté d’innover, et de très loin, et a fait les acquisitions qui lui permettent d’arriver à cela ». Il ajoute que « … aujourd’hui on met en doute évidemment la stratégie initiale, et aussi le rôle qu’a joué évidemment le leadership de l’entreprise dans ses plans de R&D ». Mais il défend certaines décisions de WeWork en affirmant que « cette entreprise a bien fait ses choix en terme stratégique et de développement… pour les acquisitions exemples de produits et services complémentaires » à son modèle d’affaire. « On a brulé beaucoup d’argent mais on ne l’a pas brûlé [ dans ces acquisitions ] à de mauvais endroits, alors c’est très important de vérifier ça avant de juger aujourd’hui de l’avenir de WeWork ».

Selon lui « on doit toujours revenir à la question de qu’est-ce qui alimente ces entreprises là … les paramètres de leur profitabilité [ ou viabilité ] sont très distincts ». Il ajoute « qu’il ne faut pas juger tout de suite WeWork de la même manière qu’il ne faut pas juger les autres Licornes ». Lorsqu’interrogé sur les pertes continues de l’entreprise Uber, le professeur Gagnon croit que « ça s’explique évidemment encore avec la planification de toutes les entreprises en démarrage … le degré de profitabilité [ ou viabilité ] ne peut pas être confirmé aujourd’hui ni même dans les années à venir ». Mais il affirme que pour comprendre Uber et ses concurrentes, « on peut tenter de les modéliser … surtout pour mesurer … quels ont été les investissements qu’ils ont faits … et de quelle manière ont-ils sécurisé l’accès à différentes villes, les accès à un groupe d’employés à très faible rotation, donc une fidélisation des employés qui s’associent avec eux, … jusqu’à quel point ils ont protégé leurs marques. Alors tous ces facteurs-là viennent à déterminer un peu le préambule d’une profitabilité ». 

Il conclut l’entrevue en disant que pour les « citoyens ordinaires, qui gèrent un petit portefeuille personnel, c’est certain que le rôle que joue l’investisseur ordinaire doit demeurer le même. Parce que les Licornes ne sont pas là pour vous faire profiter dans votre portefeuille dans la première année. Ce sont des entreprises à très haut potentiel, et c’est clair qu’elles le sont, et c’est vrai et ce n’est pas ce qu’on appellerait de la poudre aux yeux, mais il faut réellement investir dans ce cas là en particulier avec plus de patience. »

L’entrevue de 6 minutes est disponible sur le site web de RDI, et le professeur Gagnon invite toute personne intéressée à poursuivre ce débat par courriel ou en personne (stephane.gagnon@uqo.ca).

 

Le 7 octobre 2019