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Ndiaga Loum conférencier-invité au colloque des 60 ans de la première école de journalisme en Afrique Francophone

Le Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) au Sénégal, a marqué ses 60 ans d’existence avec une conférence inaugurale animée par le professeur Ndiaga Loum, du Département des sciences sociales de l’UQO.
 

Le professeur Loum était invité à cette conférence internationale les 17 et 18 décembre 2025 et il a abordé la thématique Journalisme, démocratie et mutations numériques : quel avenir pour l'information fiable en Afrique ? 

Titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie à l’UQO, Ndiaga Loum a revisité une veille problématique (Médias et démocratique), mais qui est toujours renouvelée au regard des évolutions politiques, économiques, sociales et technologiques, surtout dans un contexte de numérisation générale des sociétés qui interrogent les pratiques professionnelles, voire les remettent en cause, si elles ne les révolutionnent pas tout simplement. 

En évoquant les médias sociaux et l’impact des technologies dites nouvelles sur les pratiques médiatiques et journalistiques africaines, le professeur Loum rappelle que s’il est certes difficile de généraliser, tant les trajectoires suivies par les pays peuvent être spécifiques, il y a pourtant des questions que le continent africain partage avec le reste du monde. Il a évoqué, par exemple, ces nouvelles questions qu’induit l’usage de l’intelligence artificielle (IA) avec ses formidables potentialités qui facilitent la condition humaine, mais aussi ses défis et impairs en termes de régulation contextuelle et universalisable, de désinformation, de manipulation et donc de fiabilité ou pas de l’information.
 

 

Pour Ndiaga Loum, « ces questions ne sont pas que des questions empiriques parce que nous nous y sommes confrontés tous les jours. Ce sont aussi des questions d’ordre philosophique parce qu’elles interrogent même la pertinence de la persistance de notre existence dans cet environnement technologique mouvant où l’homme crée une technique dont le contrôle semble lui échapper ». 

Il évoque le chercheur américain Ben Goertzel (père de l’expression « Intelligence Artificielle Générale ») qui prédit que l’IA pourrait faire disparaitre 80% des emplois actuels dans le monde; et parmi ces emplois menacés, les professions liées aux médias, au journalisme, occupent une place importante. 

« Faut-il continuer à techniciser la société ou faut-il marquer un temps d’arrêt dans la recherche pour se demander s’il faut plutôt socialiser la technique?  Ces questions m’interpellent, vous interpellent, nous interpellent. Ai-je des réponses? Au moment où se parle, non! Mais ce qui me rassure est ce que me disait mon vieux professeur de droit constitutionnel à Bordeaux : les profs d’université sont payés pour poser de bonnes questions, s’ils commencent à donner les bonnes réponses, c’est que, c’est le moment pour eux de changer de métier », conclut le professeur Loum.