CENTRE DE SOUTIEN ET D'INNOVATION EN PÉDAGOGIE UNIVERSITAIRE

CHOISIR LES MODALITÉS DE L'ÉVALUATION 


Un modèle d’évaluation formatrice


Selon les écrits canoniques de De Vecchi (1993),

  • l’évaluation qui correspond à un processus de formation révèle les obstacles à dépasser
  • elle recadre l’obstacle ou la réussite comme opportunité d’apprentissage, notamment par la formulation de questions ouvertes alimentant une réflexion consciencieuse.
  • «Pour qu’une évaluation aide véritablement l’élève à apprendre, il faut qu’elle participe à la construction de son autonomie. Il est essentiel que chaque élève soit partie prenante de l’acte d’apprendre» (p. 86). En d’autres termes, toujours selon De Vecchi, il importe que l’étudiante ou l’étudiant construise le sens de son apprentissage afin de pouvoir l’évaluer soi-même. «S’il ne fait que répondre aux demandes de l’enseignant, cela ne l’incite pas à devenir autonome, bien au contraire : c’est le pouvoir du maitre qui est renforcé et l’élève est placé dans la situation de n’avoir qu’à obéir pour réussir.» (Ibid.) C
  • C’est ainsi que l’on se retrouve avec des étudiant·es qui conçoivent l’apprentissage de façon superficielle, c’est-à-dire comme acte de reproduction des savoirs des autres, plutôt que comme un processus complexe qui implique d’entretenir des rapports critiques à ces savoirs et de leur donner sens.

Comment y arriver ?

L’évaluation formatrice agit comme miroir de l’apprentissage.

  • Elle permet de le problématiser dans une perspective autonomisante, c’est-à-dire de substituer aux prescriptions, recommandations et conseils un questionnement maïeutique (ouvert et profond, qui appelle l’analyse et la justification) sur le contexte, les obstacles, leur cadrage, les effets de l’apprentissage et la façon de l’améliorer.
  • Elle intègre ainsi une dimension réflexive favorable à l’apprentissage. Il importe toutefois que le questionnement accompagne l’apprentissage, qu’il ne soit pas une façon détournée de formuler des reproches. Les questions peuvent être co-élaborées par les étudiantes et étudiants à la lumière de ce qu’ils auront ensemble construits, en fonction des objectifs poursuivis. Une réponse satisfaisante sera celle qui permet à l’étudiante, l’étudiant de progresser, de vivre une ré-équilibration, bref, d’apprendre de l’analyse de son action orientée vers l’apprentissage.
  • Devant des défis soulevés par la personne évaluée dans le cadre de son évaluation, il est proposé aux évaluateur·trices de lui demander ce dont elle a besoin pour atteindre les objectifs qu’elle se fixe, dans le respect de qui elle est comme personne et d’assurer que des ressources soient disponibles.
  • Enfin, l’évaluation formatrice tient compte du fait que les individus construisent le sens de leurs études et de leur travail futur de façon singulière, à la lumière de leur formation, de leurs expériences et de leur réflexion sur celles-ci. Ils en demeurent les premiers concernés. L’évaluation formatrice prend soin de respecter cette diversité.

De Vecchi, G. (1993). Aider les élèves à apprendre. Paris : Hachette.