IA générative : ce que vous partagez ne vous appartient plus
Une situation bien connue
Il est 16 h 30. Vous devez résumer un rapport de 40 pages avant demain. Vous ouvrez un outil d'IA générative, collez le document au complet et demandez un résumé. En 20 secondes, c'est fait. Efficace. Mais ce rapport contenait les noms de participants à une recherche, des données financières de votre unité et des extraits d'un contrat confidentiel. Où sont ces informations maintenant?
L'IA générative, un allié qui a de la mémoire
ChatGPT, Copilot, Gemini, Claude et les autres sont des outils remarquables. Ils rédigent, traduisent, résument, corrigent, programment. Utilisés avec discernement, ils font gagner un temps précieux. Mais tout ce que vous y saisissez quitte l'UQO et est traité sur les serveurs d'une entreprise tierce.
Selon l'outil et le type de compte, ces données peuvent :
- être conservées pendant des mois, voire indéfiniment;
- être lues par des humains dans le cadre du contrôle de la qualité;
- servir à entraîner les prochaines versions du modèle;
- ressortir, un jour, dans la réponse donnée à quelqu'un d'autre;
- être exposées en cas de brèche chez le fournisseur.
La question n'est donc pas « est-ce que j'ai le droit d'utiliser l'IA? », mais bien « est-ce que cette information peut sortir de l'UQO? ».
Ce qui ne devrait jamais être saisi dans un outil d'IA grand public
- Renseignements personnels : noms, codes permanents, dates de naissance, adresses, numéros d'assurance sociale, notes, dossiers d'étudiants ou d'employés;
- Données de recherche non publiées, données de participants, résultats en cours d'analyse, demandes de subvention;
- Informations confidentielles : contrats, budgets, procès-verbaux à huis clos, dossiers de ressources humaines, plaintes, litiges;
- Informations techniques : mots de passe, clés d'accès, configurations de systèmes, adresses internes, code source propriétaire;
- Propriété intellectuelle : manuscrits, brevets en préparation, matériel pédagogique protégé;
- Examens et corrigés avant leur diffusion aux étudiants.
Les bons réflexes
- Anonymisez avant de coller. Remplacez les noms par des lettres, retirez les identifiants, supprimez les chiffres sensibles. Le résumé sera tout aussi bon.
- Demandez-vous : est-ce que je le publierais sur un site public? Si la réponse est non, ne le saisissez pas dans un outil d'IA grand public.
- Privilégiez les outils approuvés par l'UQO. Certains outils offerts dans le cadre des licences institutionnelles (comme Microsoft Copilot avec un compte UQO) comportent des protections contractuelles sur les données. Informez-vous auprès du Service des technologies de l'information avant d'adopter un nouvel outil.
- Désactivez l'entraînement lorsque c'est possible. Plusieurs outils permettent, dans leurs paramètres, de refuser que vos conversations servent à améliorer le modèle. Prenez deux minutes pour vérifier.
- Méfiez-vous des extensions et des outils gratuits inconnus. Une extension de navigateur « IA » ou une application gratuite qui promet des miracles peut simplement collecter tout ce que vous tapez.
- Vérifiez ce que l'IA produit. Les modèles peuvent inventer des faits, des références et des chiffres avec une grande assurance. Une réponse fluide n'est pas une réponse vraie.
Et les documents partagés?
Le même réflexe s'applique aux liens de partage. Un document OneDrive ou SharePoint partagé avec « Toute personne disposant du lien » est accessible à n'importe qui, y compris à des robots qui parcourent le web. Partagez avec des personnes précises, ajoutez une date d'expiration et révisez périodiquement vos partages actifs.
Le saviez-vous?
Les outils d'IA ne sont pas les seuls à retenir ce que vous leur donnez. Les correcteurs en ligne, les traducteurs gratuits, les convertisseurs de fichiers et les outils de « PDF vers Word » fonctionnent de la même façon : ce que vous téléversez est traité sur un serveur externe. La règle est la même : rien de confidentiel.
Pour aller plus loin, consultez Obligations, politiques et directives dans la section cybersécurité de l'UQO.
En cybersécurité, j'ai mon rôle à jouer!