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Le professeur Loum copublie le premier ouvrage sur l’IA en Afrique.

Ndiaga Loum, professeur titulaire au Département des sciences sociales, co-dirige avec deux de ses collègues de l’Université Houphouet Boigny de Côte d’ivoire (Jean-Jacques Bogui et Désiré Nanga Coulibaly) le premier ouvrage scientifique sur les usages et les premières tentatives de régulation de l’intelligence en Afrique : Le processus d’adoption des usages de l’intelligence artificielle en Afrique : pratiques, perception et perspectives. Publié dans les deux langues (français et anglais) aux prestigieuses éditions Iste (spécialisées dans la recherche sur le numérique dans le monde), cet ouvrage couvre un champ d’intérêt capital qui ne laisse aujourd’hui personne indifférente. 

 

Comme souligné dans la préface signée par le directeur régional de l’AUF, Alain Kiyoudou, l’apport de cet ouvrage au développement des connaissances se situe à trois niveaux. 

  1. Au niveau thématique : l’ouvrage réunit dans un même volume des études sur les usages de l’IA par les journalistes camerounais, les femmes professionnelles ivoiriennes, les enseignants marocains, les étudiants sénégalais, les organisations islamiques intégrant l’IA dans la transmission du savoir coranique, etc. Il s’est donc agi de « tracer les contours d’une Afrique plurielle, qui ne se résume ni à ses déficits ni à son potentiel », mais qui existe dans la complexité concrète des usages réels de l’IA dans le contexte africain. 
  2. Au niveau interdisciplinaire : « L’IA est un phénomène total – social, technique, culturel, spirituel – qui résiste à toute lecture monodisciplinaire ». En mobilisant les sciences de l’information et de la communication, la sociologie, les sciences de l’éducation, le droit, l’éthique, les auteurs ont fait « le pari d’une intelligibilité construite par couches et par contrastes; rarement ce défi aura été relevé avec autant de rigueur dans la recherche africaine sur le numérique ». 
  3. Au niveau politique : « En articulant usages professionnels, désinformation, cybersécurité, régulation et objectifs de développement durable, les auteurs ne produisent pas seulement de la connaissance : ils alimentent un débat que les décideurs africains ne peuvent plus différer ». La recherche académique doit peser dans la définition des agendas numériques du continent, cet ouvrage « en est la démonstration ».  

Les auteurs notent qu’il est essentiel que le développement et l’adoption de l’IA en Afrique soient inclusifs et équitables. Cela signifie garantir que les avantages de l’IA ne profitent pas seulement à quelques-uns, mais bénéficient à l’ensemble de la population, en réduisant les écarts socioéconomiques et en améliorant l’accès aux services de base. 

Abordant la question générale de la régulation et ses déclinaisons spécifiques sur le continent africain, le titulaire de la Chaire de la Francophonie en communication internationale, Ndiaga Loum, précise : « La question de la régulation est certes générale et transversale dans toutes les sociétés du monde, mais elle pose des défis particuliers en Afrique, où les cadres réglementaires et législatifs ne suivent pas toujours la vitesse des usages locaux des technologies dites nouvelles. Les questions de la gestion des données personnelles et d’atteinte potentielle à la vie privée sont sinon négligées, du moins reléguées au second plan. On peut constater, sans risque de se tromper, que le souci est plus souvent dans l’usage que dans son encadrement. Or, justement, la question du développement de l’IA pose de plus en plus des défis d’ordre éthique ou moral d’abord, et juridiques ensuite, auxquels l’Afrique devra faire face, à l’instar de ce qui passe dans les pays plus développés, où les problèmes sont aujourd’hui aussi simples dans leurs expressions que difficiles dans leurs résolutions : où allons-nous avec l’IA ? » 

« Quel est le meilleur encadrement à offrir pour éviter que la puissance technologique s’impose aux pouvoirs/capabilités de l’humain, ce qu’il peut en faire et ce qu’il compte en faire ? Ces questions ne reflètent que quelques-uns des nombreux défis auxquels l’humain d’une manière générale est confronté face au potentiel de développement en apparence ‘’illimité’’ de l’IA. Dans les tentatives de réponses actuellement en gestation au niveau international, l’Afrique devra apporter sa contribution. Bref, sur la question plus qu’actuelle de la gouvernance de l’IA, l’Afrique a son mot à dire. Le présent ouvrage en offre la possibilité », conclut le professeur Loum. 

Cet ouvrage n’est qu’un tome, l’ambition ultime est d’arriver à un état des lieux des usages de l’IA, de leur encadrement ou de leur non-encadrement, qui couvre l’ensemble des pays africains; sur ces points, « le chantier de la collaboration scientifique reste ouvert » affirment les auteurs.

Les auteurs :

  • Ndiaga Loum (Ph.D), est juriste, politologue, professeur titulaire à l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Il est le titulaire de la Chaire Senghor de la Francophonie en communication internationale. Auteur de plus d’une centaine de publications scientifiques arbitrées par les pairs, ses recherches récentes financées par le CRSH portent sur la régulation interdisciplinaire des communications. Il a été récipiendaire du prix d’excellence en enseignement pour les professeurs à l’université en 2018.
  • Jean-Jacques Bogui, docteur en sciences de l’information et de la communication de l’Université Bordeaux III, est professeur titulaire des universités du CAMES (48e session). Il enseigne à l’Université Felix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles spécialisés sur l’usage des technologies numériques en Afrique.
  • Nanga Désiré Coulibaly estdocteur en sciences de l’information et de la communication. Il est enseignant-chercheur à l’Université Felix Houphouët-Boigny en Côte d’Ivoire

 

Le 29 septembre 2026