L’UQO dévoile les cinq premières chaires institutionnelles de recherche et de création
L’Université du Québec en Outaouais (UQO) a lancé au début de 2026 son tout premier concours de chaires institutionnelles, en cohérence avec sa Planification stratégique de la recherche et de la création 2025-2030. Cette initiative, dotée de cinq chaires annuelles de 30 000 $, vise à renforcer la capacité d’innovation et le rayonnement de l’établissement.
La réponse de la communauté de recherche et de création a été excellente : 33 candidatures ont été déposées, témoignant du fort intérêt pour le programme et de son caractère hautement compétitif. Un comité composé de la rectrice, du vice-recteur à l’enseignement et à la réussite, du doyen de la recherche et de la création ainsi que de trois professeur.es chevronné.es a procédé à l’évaluation rigoureuse des dossiers.
Cinq titulaires ont été sélectionné.es pour former la première cohorte de chaires institutionnelles. L’UQO remercie l’ensemble des personnes candidates pour la qualité et l’ambition de leurs projets, qui contribuent au dynamisme de la recherche et de la création. Les personnes non retenues sont également invitées à poursuivre le développement de leurs initiatives, en vue de futures occasions de financement.
Les personnes lauréates
- Axe – Gestion durable des ressources et réponses aux changements environnementaux
Audrey Maheu : Chaire institutionnelle de recherche sur le risque et l’adaptation aux sécheresses
Le projet d’Audrey Maheu porte sur le risque croissant de sécheresses au Québec et cherche à mieux comprendre leurs effets sur les forêts, les milieux aquatiques et les usages humains de l’eau. La chaire propose une approche intégrée qui combine l’étude des processus naturels, l’analyse des impacts sur les collectivités et le développement d’outils de prévision et d’aide à la décision. En s’appuyant sur des infrastructures de recherche déjà en place, notamment à Kenauk, ainsi que sur des collaborations avec des ministères et d’autres partenaires, le projet vise à produire des connaissances utiles et directement mobilisables. Ses retombées attendues sont à la fois scientifiques et pratiques : mieux anticiper les sécheresses, soutenir la gestion de l’eau et des forêts, et aider les décideurs à passer d’une gestion réactive à une gestion plus préventive, positionnant l’UQO comme un acteur de référence dans l’étude des sécheresses en climat tempéré.
- Axe – Transformation, régulation et confiance numériques
Hajar Moudoud : Chaire institutionnelle de recherche en apprentissage quantique collaboratif pour la cybersécurité des environnements connectés
Le projet de Hajar Moudoud vise à développer de nouvelles approches de cybersécurité pour mieux détecter les intrusions et les anomalies dans les réseaux d’objets connectés, comme ceux qu’on retrouve dans les bâtiments intelligents, les infrastructures industrielles ou les villes connectées. Il propose de combiner l’intelligence artificielle sur graphes, l’apprentissage fédéré et des composantes issues de l’informatique quantique afin de créer des systèmes de détection plus performants, plus robustes et mieux adaptés à des environnements distribués où la confidentialité des données est essentielle. La chaire permettra aussi de former du personnel hautement qualifié en cybersécurité, en intelligence artificielle et en technologies numériques avancées, tout en produisant des outils, des protocoles et des résultats scientifiques transférables vers les milieux de pratique. À plus large échelle, ses retombées attendues touchent autant le rayonnement scientifique de l’UQO que le développement de collaborations avec des partenaires publics, industriels et académiques, dans un domaine stratégique lié à la confiance et à la souveraineté numériques.
- Axe – Santé globale, émancipation et inclusion sociale
Annie Bérubé : Chaire institutionnelle de recherche sur la sensibilité parentale
Le projet d’Annie Bérubé porte sur la sensibilité parentale, c’est-à-dire la capacité des parents à bien comprendre les besoins de leur enfant et à y répondre de façon adaptée, un facteur important pour le développement socioaffectif et la santé globale des enfants. Pour mieux comprendre ce phénomène, la chaire combine deux approches complémentaires : l’analyse par intelligence artificielle d’un vaste corpus de vidéos d’interactions parent-enfant déjà recueillies, ainsi que la collecte de nouvelles données auprès de familles dans un laboratoire de pointe équipé pour observer les comportements, les expressions faciales et certains signaux physiologiques. Cette programmation vise à mieux cerner les mécanismes qui influencent la qualité des interactions parent-enfant. À terme, les retombées attendues sont une meilleure compréhension des besoins des familles, le développement d’interventions plus ciblées et mieux adaptées, ainsi qu’un positionnement renforcé de l’UQO comme pôle de leadership en recherche sur la sensibilité parentale.Geneviève Pagé : Chaire institutionnelle de recherche sur l’amélioration des pratiques et des politiques pour la permanence des enfants et des jeunes placés en protection de la jeunesse
Le projet de Geneviève Pagé, intitulé CAPP-Permanence, vise à mieux comprendre comment offrir aux enfants et aux jeunes placés en protection de la jeunesse un milieu de vie stable, durable et sécurisant. Elle s’intéresse à la fois à l’expérience des jeunes, des familles et des intervenant·es, aux pratiques de décision et d’intervention, ainsi qu’aux politiques publiques qui influencent les parcours de permanence. Le projet cherche ainsi à produire des connaissances utiles pour améliorer concrètement les services, soutenir de meilleures pratiques cliniques et guider l’évolution des lois et politiques en matière de protection de la jeunesse. À terme, cette chaire aura des retombées importantes pour le bien-être, la stabilité et l’inclusion sociale des enfants et des jeunes concernés, tout en renforçant le rayonnement de l’UQO sur ces enjeux.
- Axe – Démocratisation des savoirs, valorisation des cultures et de la justice sociale
Mélanie Boucher : Chaire institutionnelle de recherche en valorisation des transformations artistiques, culturelles et muséales
Le projet de Mélanie Boucher vise à structurer une chaire de recherche en valorisation des transformations artistiques, culturelles et muséales, consacrée aux défis que posent aux musées les œuvres contemporaines complexes, évolutives ou historiquement marginalisées. La programmation s’organise autour de deux grands axes : d’une part, l’étude du collectionnement et de la muséalisation de pratiques artistiques sous-représentées; d’autre part, l’analyse du rôle des musées dans les enjeux contemporains de justice sociale, d’inclusion et de durabilité. En articulant recherche fondamentale, partenariats avec les milieux muséaux et démarches d’intervention, la chaire entend produire des outils concrets, des guides de référence, des publications et des activités de mobilisation susceptibles d’accompagner la transformation des pratiques institutionnelles. Cette chaire fera rayonner l’UQO en la positionnant comme une voix forte et innovante dans le monde des musées, de l’art contemporain et de la valorisation culturelle, ici comme à l’international.
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