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Harcèlement des femmes dans la rue : la professeure Blais collabore à une étude à Montréal

 

Mélissa Blais, professeure au Département des sciences sociales, a dirigé une étude sur les impacts du harcèlement de rue sur les femmes à Montréal; une étude lancée en avril dernier qui a attiré l’attention de la Ville de Montréal.  

 

Elle fait état des conséquences du harcèlement de rue sur les femmes en fonction des rapports de pouvoir basés notamment sur la racialisation, la classe sociale, l’orientation sexuelle, l’expression de genre, la situation de handicap et l’âge. Elle démontre également que les femmes sont confrontées à du harcèlement dans le cadre de leurs activités et déplacements quotidiens, non seulement dans la rue, mais aussi dans le transport en commun, les parcs, les établissements d’enseignement et les commerces de Montréal.

La professeure Mélissa Blais, du Département des sciences sociales

 

Une seconde recherche sera menée pour quantifier le phénomène. Elle réunit non seulement la professeure Blais, mais aussi le Service aux collectivités de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et le Centre d’éducation et d'action des femmes de Montréal (CÉAF) qui collabore au projet. La Ville de Montréal contribue à la hauteur de 55 000 $ à l’étude, et reçoit l’appui de 60 000 $ du Secrétariat à la condition féminine Québec.

Mélissa Blais souligne que l’étude entreprise au printemps et celle qui se poursuit avec la Ville de Montréal sont les toutes premières du genre au Québec. Alors que la littérature scientifique est florissante ailleurs dans le monde, ce n’est pas le cas ici. Elle souhaite que les conséquences des violences commises contre les femmes dans l’espace public soient aussi documentées partout au Québec. 

Elle explique que le phénomène du harcèlement des femmes dans les transports collectifs n’est pas nouveau, mais il est trop souvent banalisé. L’étude vise à recueillir davantage de données sur ce phénomène dans le but d’améliorer les interventions et de combattre le harcèlement en lieu public.

« Les participantes à la recherche nous ont parlé de leurs premiers épisodes de harcèlement de rue alors qu’elles étaient mineures tandis que les harceleurs étaient majeurs, parfois même âgés de 30 ou 50 ans. Leurs expériences font écho à des enquêtes menées ailleurs qui montrent qu’il s’agit de la norme plutôt que de l’exception. N’est-ce pas suffisant pour attirer l’attention sur le problème et agir pour contrer sa banalisation ? »

Les statistiques démontrent que la majorité des Canadiennes ont fait l’expérience d’au moins un épisode de harcèlement de rue dans leur vie. Une enquête menée pour le compte de Statistique Canada, en 2018, parle quant à elle d’une Canadienne sur trois.

Le harcèlement des femmes dans les lieux publics a d’ailleurs fait l’objet de reportage dans les médias ces jours-ci. La Presse a récemment rapporté que malgré le contexte de la pandémie, les attouchements, le voyeurisme et l’exhibitionnisme dans les transports collectifs n’ont pratiquement pas diminué en 2020.

Les résultats de la recherche quantitative seront dévoilés au printemps 2022.

 

Article du Devoir

Article du Journal de Montréal

Article du journal Métro

 

 

Le 25 juin 2021