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Recherche et création

Pour une meilleure prévention des infections nosocomiales

Jusqu’à 10 % des patients contractent une ou plusieurs infections dites nosocomiales lors d’un séjour dans un établissement de santé de pays développés selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Jugées pourtant « évitables » grâce au raffinement des mesures d’hygiène, les éclosions de ce type d’infection persistent dans nos établissements de santé avec leur lot de décès. Malgré la détermination de gouvernements d’en faire un fer de lance de leur politique de santé publique, la prévention semble toujours être le parent pauvre du financement en santé, monopolisé par le curatif.  C’est pour démontrer que prévenir plutôt que seulement guérir est rentable à long terme, qu’Éric Tchouaket Nguemeleu, chercheur à l’UQO, travaille à mesurer et quantifier la valeur économique des investissements dédiés à la prévention.

 

Professeur au Département des sciences infirmières de l’UQO, Éric Tchouaket est un spécialiste de la biostatistique et de l’économie de la santé. Ce qui le passionne, c’est analyser l’architecture des programmes de prévention initiés par les systèmes de santé publics à travers le monde afin de mieux comprendre comment on peut améliorer leur efficience et leur performance. Après avoir évalué l’efficience du programme de prévention des infections transmises sexuellement (ITS), du programme de saine habitude 0-5-30 et du programme de fluoration de l’eau, Éric Tchouaket réalise une analyse économique des programmes de prévention et de contrôle des infections nosocomiales. En plus d’être chercheur boursier junior 1 du Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), le professeur Tchouaket est appuyé financièrement par l’Institut de recherche en santé du Canada (IRSC).

 

Prévenir pour mieux guérir 

 

Potentiellement mortelles pour les clientèles vulnérables, les éclosions d’épidémie d’infections nosocomiales occasionnent des coûts considérables. Malgré l’efficacité des programmes de contrôle de certaines souches comme le Clostridium difficile, certains hôpitaux peinent toujours à empêcher les épidémies. Malgré l’implantation d’un Plan d’action sur la prévention et de contrôle des infections nosocomiales (PCI) adopté en 2016 et 2009 par le gouvernement du Québec, la problématique continue de drainer temps et argent au système de santé québécois.

 

« Il faut désormais voir l’organisation de nos systèmes de santé en fonction de prévenir pour mieux guérir! Quand l’ensemble des acteurs de la santé feront une place plus importante à la prévention et que ce sera mis en priorité à tous les niveaux organisationnels, on diminuera forcément, le poids financier que représente le curatif. De plus, en investissant pour améliorer et augmenter les ratios patient/infirmier et patient/médecin, on rendrait plus efficients les programmes de prévention et on permettrait aux décideurs de mieux investir l’argent public sans nécessairement couper dans le curatif », explique le professeur Éric Tchouaket.

 

Selon le chercheur qui travaille en partenariat avec des collègues-chercheurs de l’Université de Montréal, de l'Université McGill et de l’Université de Victoria (Colombie-Britannique) notamment, il faut comprendre que la prévention des infections nosocomiales est complexe et doit s’appuyer sur des objectifs opérationnels qui touchent tant les services cliniques que les services techniques et de soutien. 

 

« La prévention des infections nosocomiales n’est pas juste une responsabilité de ceux qui se trouvent en première ligne, c’est-à-dire du personnel infirmer et des médecins urgentologues. La prévention commence beaucoup plus en amont, dans l’hygiène des locaux et des équipements et surtout dans l’établissement de mesures efficaces aussi simple que le lavage systématique des mains par l’ensemble des intervenants, du simple préposé au médecin. Ça ne coûte pas cher, mais ça reste encore difficile à mettre en place, ce qui apparait paradoxal », souligne Éric Tchouaket. 

 

C’est notamment, pour comprendre ce paradoxe et démontrer les impacts économiques que génère l’implantation de meilleures pratiques de préventions en santé que le professeur Éric Tchouaket s’est entouré d’une équipe d’étudiants-chercheurs motivés et a établi différents partenariats avec des institutions et centres hospitaliers à travers la province afin d’analyser de près, les facteurs organisationnels qui contribuent à complexifier les interactions entre patients et soignants, ainsi que l’impact des interventions que subit le système de santé depuis quelques années. 

 

Le professeur Éric Tchouaket est également récipiendaire de la Bourse Reine Elizabeth II en collaboration avec le Conseil de recherches en sciences humaines (CRSH), le Centre de recherches pour le développement international (CRDI) et la Fondation Rideau Hall. Ce financement permet au professeur Tchouaket de développer un chantier de recherche dont l’objectif est d’analyser l’efficience des technologies numériques sur la prévention des maladies infectieuses en lien avec la santé maternelle et infantile. En partenariat avec deux institutions universitaires du Burkina Faso, le chercheur supervisera dans le cadre de cette recherche, plusieurs étudiants burkinabè de 2e, 3e cycles et des jeunes chercheurs qui vont effectuer un stage de recherche à l’UQO

Pour en savoir plus sur le projet du chercheur Éric Tchouaket, consulter le site du Fonds de recherche en santé du Québec et l’Institut de recherche en santé du Canada

Actualité concernant Éric Tchouaket :

LE CAMPUS DE L’UQO À SAINT-JÉRÔME ACCUEILLE DES CHERCHEURS DU BURKINA FASO

https://www.uquebec.ca/reseau/fr/medias/actualites-du-reseau/le-campus-de-saint-jerome-accueille-des-chercheurs-du-burkina-faso